on a dit dit Non, ça sera donc Oui...

Publié le par Guyom

Il parait qu'il y a eu un référendum en 2005, concernant la direction que prend l'Europe. Il parait qu'en majorité, la France à rejeté le texte du "Traité établissant une Constitution pour l'Europe" (Totalisation nationale en voix établie par le Ministère de l'Intérieur : OUI 45,13% , NON 54,87% , avec une abstention à 30,26%). Il parait aussi que les débats ont été intenses, que plein de monde s'est intéressé au sujet, alors que ce dernier est pour le moins complexe.

Les thèmes de discussion ? La démocratie de l'Europe telle qu'elle s'est faite, ou plutôt son manque de démocratie. Le manque de transparence, également. La volonté contestée de subordonner le Social à l'Economie. La place et le rôle de la BCE. La position de l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis, en particulier vis-à-vis de l'OTAN. La supériorité sur tout du fameux Marché libre et non faussé. L'inscription de la Croissance dans les buts de l'Europe. Beaucoup de thèmes qui ont fait beaucoup parler beaucoup de gens qui d'habitude ne s'en soucient pas beaucoup.

Et depuis ? Depuis, rien. 

Ah, si, l'Allemagne, qui préside l'Europe, a préparé un texte pour sauver les meubles. Le nouveau président français a fait semblant que c'était lui qui avait tout fait. Il a parlé de "mini-traité", puis comme c'est un peu méprisant pour les eurocrates qui ont bossé dessus pendant que Sarkozy battait la campagne, on s'est mis d'accord sur "traité simplifié". 

Moi je ne l'ai pas lu, c'est bien trop compliqué : vous pouvez aller jeter un coup d'oeil


En tout cas ceux qui l'ont lu sont assez d'accord pour dire que :
- ce n'est pas du tout simplifié
- les revendications des citoyens ayant refusé le TCE ne sont pas étudiées (il ne s'agissait bien sûr pas d'imposer au reste de l'Europe de modifier les points qui faisaient râler les Français ou les Hollandais - mais notre président aurait pu, s'il avait eu un minimum de respect pour ses concitoyens, poser les questions qui ont faché au niveau européen)
- ça reprend le TCE, "tout y est" a dit l'UDF Jean-Louis Bourlange,
"90% des termes sont identiques" à la Constitution européenne d'après Giscard, qui s'y connait bien. 

Maintenant, le texte nécessite la modification de la Constitution Française. C'est aux parlementaires de montrer s'ils respectent le "Non" français, ou s'ils s'en tamponnent. On aura un oeil particulièrement attentif sur les parlementaires du PS, sans lesquels la modification constitutionnelle ne se fera pas. Certains commencent déjà à dire qu'ils voteront pour le nouveau texte...

Voici l'adresse d'un site élaboré par quelques citoyens qui ne se satisfont pas du silence actuel. On y trouve des propositions d’actions :
www.traite-simplifie.org

Ici, une pétition à signer pour demander un référendum.

Voici également un texte de Pascale Fourier, animatrice de l'excellente émission "Des Sous et Des Hommes" sur Radio Aligre, publié sur le site Avenir d'Attac :

L’affaire du Traité "simplifié" - Un choix : inertie ou action ?

vendredi 19 octobre 2007 par Pascale FOURIER 

Il ne fallait pas être grand clerc pour, dès Juin de cette année, avoir quelque soupçons.... Nicolas Sarkozy élu, pouvait-on avoir la moindre confiance dans les termes qu’il utilisait pour qualifier la nature du traité modificatif qu’une nouvelle Conférence intergouvernementale -CIG- était chargé de rédiger ? « Mini-traité », puis « traité simplifié »... Vraiment ? Ce traité ne proposait-il que quelques modifications institutionnelles ? La lecture du mandat de la CIG pouvait déjà donner la réponse : le "traité modificatif" introduira, était-il explicitement mentionné, « dans les traités UE et CE, qui restent en vigueur, les innovations découlant des travaux de la Convention et de la CIG conclue en juin 2004 », ou autrement dit, les « innovations » du TCE repoussé par les Français et les Hollandais en 2005. Et dès cet instant, Nicolas Sarkozy avait été très clair – comme d’ailleurs lors de la campagne présidentielle : ce traité ne serait pas soumis au vote des Français, mais serait ratifié par voie parlementaire.

Qui a réagi à cette époque ? Qui a souligné la contradiction apparente dès juin entre les qualificatifs utilisés par Monsieur Sarkozy et repris à l’envi par les médias et le mandat de la CIG ? Personne, ou presque. Qui a réagi quand une première version du texte a été publiée dès juillet (il suffisait de reprendre le TCE, de faire quelques arrangements cosmétiques, et de le rendre encore plus illisible qu’il ne l’était...). Personne, ou presque. Qui a alerté sur le déni de démocratie évident que constituait le fait de faire passer par la fenêtre ce que le peuple avait chassé par la grande porte ? Personne ou presque.

Pourtant, c’est à une véritable bataille contre la montre que nous devons nous livrer. Le Président de la République et son gouvernement a toujours été extrêmement clair : il veut aller vite, très vite ! C’est dès le début de l’année 2008 que la ratification aura lieu. Tout est fait et sera fait pour interdire le débat sur ce traité, avec le soutien actif apparemment des médias qui préfèrent se disperser dans des commentaires sur les rapports de force entre nations ou sur les petits arrangements divers institutionnels. Pourtant, une seule et une seule question mérite d’être posée concernant ce traité : l’Europe peut-elle se faire dans le dos des peuples ?

L’enjeu est bien celui-ci, et uniquement celui-ci, au-delà du contenu-même du traité : a-t-on le droit d’interdire le débat sur la question européenne aux Français, et ce alors-même qu’ils ont montré un intérêt évident pour cette question lors de la campagne référendaire de 2005 ? A-t-on le droit pour cela de rédiger un texte proprement illisible puisqu’il ne contient que des listes de modifications des traités antérieurs ? A-t-on le droit, comme le fait Nicolas Sarkozy, de se prévaloir de son élection avec une majorité confortable sur la base d’une programme qui annonçait que le nouveau traité ne serait pas soumis au peuple pour ne pas consulter le peuple, c’est-à-dire faire fi absolument de la souveraineté populaire : si notre Président est si sûr que les Français étaient majoritairement favorables à ce traité – ce qu’ils auraient montré en l’élisant - eh bien qu’il le soumettre à référendum, et il en aura la preuve !

Quelques voix commencent à s’élever : il faut un référendum ! Mais ces quelques voix sont bien isolées. Le PS se tâte. Un collectif de forces de gauche lance un appel, mais sans créer d’instruments de lutte, site, tracts, argumentaires, et en prévoyant une mobilisation plus importante pour... fin novembre... Attac demande un référendum, en rappelant que les Attac d’Europe en appellent à une Assemblée Constituante Européenne, comme si c’était aujourd’hui le sujet quand chaque minute, chaque seconde compte dans la lutte acharnée que chacun de nous doit livrer pour que la démocratie en France ne soit pas bafouée de façon éhontée.

Car oui ! C’est bien chacun d’entre nous qui doit se lancer dans la bataille, chaque citoyen, de toutes ses forces s’il ne veut pas renier son Non de 2005, et même son Oui, car il n’est pas question ici de contenu du traité, d’espérances ou pas dans l’Europe, mais de démocratie. Les partis politiques sont atones sur la question ? Les associations en deçà de ce qu’elles devraient faire ? C’est à chacun de nous de prendre les choses en main, de bousculer les uns et les autres, d’interpeller les médias, de diffuser l’information autour de nous, d’agir, d’agir et vite ! La démocratie ne nous sera enlevée des mains que si nous acceptons qu’elle nous le soit !

On peut trouver des éléments pour comprendre ce traité – une version consolidée non officielle, entre autres -, l’essentiel des textes de ceux qui se sont élevés contre le mode de ratification souhaitée par Nicolas Sarkozy sur un site élaboré par quelques citoyens qui ne se satisfaisaient justement pas du silence. On y trouve des propositions d’actions, certes sans doute insuffisantes, mais qui ont au moins le mérite d’exister.

 

Publié dans Politique et autres

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samir nasri 09/11/2007 13:07

une pensée émue pour les électeurs du non de droite, électeurs de sarko deux ans plus tard, ... bonjour les cocus du sarkozisme

Guyom 23/11/2007 16:24

La pétition qui a l'air - enfin - d'être "unitaire" , on retrouve plein de monde dans la liste des premiers signataires. Actuellement on en est à 28 260 signatures.

J'en cite 3 pris au pif ou presque : José Bové (héhé !), Majid Cherfi (le chanteur de Zebda), et Gérard Filoche (histoire d'avoir un membre du PS)

Voilà l'adresse : http://www.nousvoulonsunreferendum.eu/index.php

EMINEM 09/11/2007 12:53

SEUL LE PEUPLE A LE DROIT DE DEFAIRE CE QUE LE PEUPLE A FAIT : REFERENDUM!!!ET LE PEUPLE A LE DEVOIR  DE REFAIRE CE QU'IL A FAIT : VOTER NON A L'EUROPE LIBERALE!!! QUI LAMINE SES DROITS SOCIAUX PAR LE BAT AU NOM DE LA CONCIURRENCE LIBRE ET NON FAUSSEE ENTRE LES INDIVIDUS EN TRANSFORMANT TOUTES LES ACTIVITES HUMAINES EN MARCHANDISE...

Adeline (par l'intermédiaire de Guyom) 26/10/2007 15:25

Je remets ici un commentaire d'Adeline :Il est chouette ton article sur le TCE. En même temps le non rassemblait tellement de choses que c'est vrai que c'est difficile d'en tenir vraiment compte. C'est aussi difficile il me semble de ne pas changer les régles relatives au droit de vote vu l'élargissement de l'Europe. Enfin comme on le craignait un peu et comme on pouvait s'y attendre voter non n'a pas fait avancer les choses.

Roland 24/10/2007 17:21

2005, putain, déjà 2 ans depuis la fin du monde.Souvenons nous aussi du débat Sarko-Royal, ou sa magnificence avait dit en substance que les Français avait dit non, qu'on abandonnait et qu'on en faisait un autre, mais sans leur demander leur avis, parce que bon, hein, alors quand même!Faut lui reconnaitre son honnêteté : "je vous promet de vous entuber très fort" et il le fait!