"Immigration et identité nationale" - Une association inacceptable

Publié le par Guyom

une pétition que  l'on peut signer

NON AU MINISTERE DE « L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE »

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n’a jamais eu de précédent dans l’histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même. En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l’identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d’un ministère. Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense. Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.


Interview de Fredo des Ogres de Barback, signataires de la pétition sur Nouvel Obs.com
IMMIGRATION ET IDENTITE NATIONALE

"L'Homme, c'est l'Homme"

Qu'est-ce qui, concrètement, vous inquiète dans l'association des termes "identité nationale" et "immigration" ?

- Nous, avec les Ogres de Barback, nous ne sommes pas de grands historiens, nous essayons juste d'avoir un œil critique sur ce que nous voyons. Nous nous sommes déjà pas mal engagés avec le Réseau éducation sans frontières et nous avons pu constater que ces dernières années, le ton s'est considérablement durci. Nous avons par exemple une musicienne qui, chaque année, venait du Mali pour jouer avec nous. Et bien cette année, elle n'a pas pu venir.
Donc, quand nous voyons les termes "identité nationale" et "immigration" accolés, quand nous voyons Sarkozy récupérer les voix du FN, nous ne pouvons que nous inquiéter. Cette assimilation ne fait que renforcer la position de repli communautaire de certains, l'idée que l'immigration est un problème ainsi que les clichés de l'étranger qui vient en France avec sa religion et ses pratiques un peu bizarre. Alors que l'on se rend compte que les endroits qui votent le plus Front national ne sont pas ceux où il y a la plus forte immigration.
Pour nous, l'Homme, c'est l'Homme. La France, elle, a sa part de responsabilité à prendre, notamment au regard de son rôle dans la colonisation.

Paradoxalement, Nicolas Sarkozy a réussi à donner une image d'ouverture à son gouvernement en y intégrant plusieurs personnes issues de l'immigration. Cette démarche semble séduire les Français qui en majorité ne sont pas choqués par la notion "d'identité nationale". Comment expliquez-vous ce phénomène ? Comment comptez-vous convaincre l'opinion publique ?

- J'avoue que je ne sais pas. C'est vrai que Sarkozy donne l'impression de gagner presque toutes les batailles. Je pense que ce qui séduit chez lui, c'est la fermeté et l'ordre. Ceci dit, il ne faut pas faire de généralités. Ce n'est pas parce qu'une personne est noire que c'est quelqu'un de bien.
Par exemple, lorsque Sarkozy a annoncé qu'il supprimait la double peine, cela faisait des années que des personnes se battaient pour cela et que, même sous Jospin, personne n'avait eu le courage de le faire. Nous avons vu des personnes de gauche, autour de nous, qui se sont dits que l'important, c'était que cela soit fait, et qui ont, en quelque sorte, été poussées à l'opposé de leurs convictions. Par contre, ce que nous avons constaté sur le terrain, c'est un net durcissement de la politique du gouvernement et un renforcement de la répression.

Le gouvernement a déjà fait savoir qu'il était hors de question de revenir sur cette appellation. Comment comptez-vous poursuivre la mobilisation ? D'autres actions sont-elles prévues ?


- Effectivement, il ne semble pas que les choses soient sur le point de bouger. Nous, avec les Ogres, notre position est assez claire : nous avons accepté d'apparaître en tant que signataires et nous sommes prêt à faire des concerts, à ramener et à mobiliser le plus de gens possible. Ensuite, c'est aux experts de parler. Pour l'instant, il n'y a pas, à ma connaissance, d'action prévue. En tout cas, quoiqu'il arrive, on suivra ça de prêt.

Propos recueillis par Jérôme Hourdeaux
(le vendredi 22 juin 2007)

Publié dans Politique et autres

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Tokbar 06/07/2007 10:38

Je suis d'accord: le Théâtre des cinq diamants doit vivre. Mais pour l'instant c'est le squatte qui fait obstruction à son existence. Les nouveaux propriétaires sont metteurs en scène et ont l'intention de faire des travaux pour améliorer la salle pour une ouverture en janvier prochain. En soutenant l'occupation, vous relayez des propoes diffamatoires d'après lesquels le théâtre est devenu la propriété d'un méchant banquier qui veut le raser et construire un immeuble. Cela est totalement faux. Tous les habitants de la Butte et du quartier savent parfaitement cela parce que les nouveaux propriétaires vivent, élèvent leurs enfants, font leurs courses, s'investissent dans les associations du quartier et qu'ils font savoir la vérité.
Attention. À partir de cet instant, vous ne pouvez plus dire "Je ne savais pas".

« La calomnie, monsieur! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plus plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien: et nous avons ici des gens d’une adresse!… D'abord un bruit léger, rasant le sol comme l'hirondelle avant l'orage, pianissimo, murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait; il germe, il rampe, il chemine, et, de bouche en bouche il va le diable; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'oeil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait?»
Barbier de Séville, Beaumarchais (acte II, scène 8)

Guyom 06/07/2007 13:14

- quand on poste un commentaire sur un blog, c'est toujours mieux de le mettre au bon endroit. Si l'endroit en question n'existe pas, on peut le mettre dans un sujet approchant. Mettre son commentaire n'importe où, ce n'est pas une façon de faire. - le ton employé dans votre message est moralisateur, donneur de leçon et pédant. Vous seul connaissez la Vérité et vous tirez les oreilles des abrutis qui n'y comprennent rien. Finir votre intervention par "À partir de cet instant, vous ne pouvez plus dire "Je ne savais pas" est totalement déplacé. Cette formule est lourde de sens, on a pu l'appliquer à la Shoah, on peut l'appliquer aujourd'hui au Darfour, à la Tchétchénie, ou tout simplement au bouleversement climatique qui a lieu et qui entraine déjà des bouleversements énormes, que ce soit au niveau des disparitions d'espèces animales ou végétales, de leurs conséquences sur la vie humaine, des déplacements de populations, des maladies, ... Diffusez le dernier rapport du GIEC en concluant "vous ne pourrez plus dire "je ne savais pas"" , mais de grâce, ne soyez pas indécent en utilisant cette formule pour un squat.- vous dites : "En soutenant l'occupation, vous relayez des propoes diffamatoires". Où voyez-vous que je "soutiens" quoi que ce soit ? Et quels propos ? Qui a dit qu'un "méchant banquier" veut construire à la place du théatre, un immeuble, sur ce blog ? Vous. Dans cette histoire, je souhaite, en tant que musicien, présenter mes chansons au public, et je signale sur mon blog les dates que j'ai. D'autre part, vous présentez les choses en noir et blanc : si les propriétaires légaux ne sont pas les "méchants", ce sont donc les squatteurs.- Citer Beaumarchais, dans le cas présent, est assez comique : cela peut -aussi- s'appliquer à ce que vous faites, qui s'approche de la calomnie. - j'aurais aimé d'autres arguments que : " Cela est totalement faux. Tous les habitants de la Butte et du quartier savent parfaitement cela". J'aurais également aimé savoir si vous êtes le nouveau propriétaire (qui parlerait de lui à la 3° personne ?), un amis, un voisin, un internaute extérieur à l'affaire mais ayant plein plein d'infos, ..., et également comment vous êtes arrivé sur le GuyomBlog.- je n'effacerai pas votre message, vous avez un "droit de réponse" sur mon blog. Éventuellement on ouvrira un sujet dédié à ce débat.- Enfin et pour finir, sachez que je n'ai pas joué comme c'était prévu à l'origine aux 5 diamants le 22 juin. Par contre j'y ferai une première partie le 7 juillet. Si vous voulez venir...